Spectacle musical et théâtral

L’évocation d’un conflit armé, quel qu’il soit, est souvent étudié sous le prisme de la violence dont celui-ci fait preuve. Car l’évidence est telle.

Certes conscients de l’importance de ce biais de lecture, les concepteurs de ce spectacle veulent aussi présenter la Grande Guerre en explorant et exploitant des critères purement artistiques : musique, poésie et théâtre, image.

Par sa formule très originale, motivée par une volonté de mélange des genres, cette création vise donc à l’évocation du conflit de 1914-1918 en alliant les aspects artistique et réflexif.

Même si le spectacle est teinté de témoignages de dureté, de force et de révolte liés au contexte qu’il relate, il cherche avant tout à laisser transpirer ces concepts sous le couvert d’une certaine forme de beauté : grande place laissée à la musique et à la poésie, volonté de faire poindre l’émotion liée au désir de servir, de sauver, de vivre un idéal, etc.

Enfin, la dimension « devoir de mémoire » est partie intégrante de cette création : allié à celui induit par la réflexion, le devoir de transmission est pleinement présent au sein du spectacle. Comme une nécessité…

Le spectacle

Introduction

L’évocation d’un conflit armé, quel qu’il soit, est souvent étudié sous le prisme de la violence dont celui-ci fait preuve. Car l’évidence est telle. Les concepteurs du projet, certes conscients de l’importance de ce biais de lecture, veulent aussi présenter la Grande Guerre en explorant et exploitant des critères purement artistiques en matière de conception : musique, poésie et théâtre, image.
Par sa formule très originale, motivée par une volonté de mélange des genres, le projet vise donc à l’évocation du conflit de 1914-1918 en alliant les aspects artistique et réflexif.
Même si le spectacle est teinté de témoignages de dureté, de force et de révolte liés au contexte qu’il relate, il cherche avant tout à laisser transpirer ces concepts sous le couvert d’une certaine forme de beauté : grande place laissée à la musique et à la poésie, volonté de faire poindre l’émotion liée au désir de servir, de sauver, de vivre un idéal, etc.
Enfin, la dimension « devoir de mémoire » est partie intégrante du projet : allié à celui induit par la réflexion, le devoir de transmission est pleinement présent au sein du spectacle. Comme une nécessité.

Le contenu du spectacle

Par le choix des oeuvres, le spectacle avance au fur et à mesure au plus profond de la situation conflictuelle. Teinté à la fois de folie et d’une certaine forme de lâcher-prise, le récit met en exergue les divers reliefs de déséquilibre mental dans lequel furent plongés les femmes et les hommes victimes de la barbarie ; déséquilibre bien sûr marqué par la douleur, l’avilissement et la souffrance.
Le mariage de la musique et de la déclamation/narration forme la base artistique du contenu, ponctué d’images :

sur le plan de la musique, le projet mêle

  • des oeuvres pour piano, violon et chant issues du répertoire classique et contemporain (Jean-Sébastien Bach, Henri Duparc, Gustav Malher,
    Sergeï Prokofiev, Karl Jenkins, … ),
  • des chants populaires (La Madelon, …)
  • des oeuvres en lien direct avec la Grande Guerre (La Bonne étoile dédiée à la Reine Elisabeth de Belgique, Berceuse héroïque dédié au Roi Albert et Noël des enfants qui n’ont pas de maison de Claude Debussy, Prière du Soir d’Antoine Toulemonde, Riche d’avoir pleuré de Georges Antoine,
  • ou même carrément des extraits du répertoire de cabaret (Marguerite, Le castard de Belgique,…), très en vogue à l’époque.

sur le plan de la déclamation/narration,

la part belle est faite aux témoignages concrets d’hommes et de femmes qui ont été pris dans la tourmente. Afin de contrebalancer la force que véhiculent ces récits forts et poignants par une touche plus «légère», y sont additionnés d’autres textes plus poétiques et littéraires, issus pour la plupart de la plume d’auteurs touchés directement par la Grande Guerre : entre autres, poèmes de Guillaume Apollinaire, … extraits d’oeuvres de Blaise Cendrars, Georges Duhamel, Léon Bloy, Léopold Sédar Senghor, etc.

L’image

rehausse la musique et la parole : une projection d’oeuvres d’art de l’époque et de documents relatant le conflit (peintures, images d’archives, dessins d’enfants, films d’époque, etc.) ponctuera le déroulement du spectacle.
Cette collection est réalisée sous les conseils d’une historienne de l’art.

La mise en scène

La forme choisie pour développer la théâtralité est celle de la métaphorisation d’une journée :

le matin : on part à la guerre la fleur au fusil (quoique…) ; le conflit débute en août 1914 et dure quatre ans. Les saisons défilent et voient les hommes tomber… Le monde change et rien ne sera plus comme avant ; dès lors, comment chacun trouve-t-il des solutions pour la gestion du quotidien ?

le midi : au coeur du conflit armé ; évocation du concret du champ de bataille et des tranchées. Même si ce titre peut laisser imaginer un soleil atteignant son zénith, c’est maintenant la nuit seule qui éclaire le jour… Devant la description d’un paysage désolé, l’homme est en proie au questionnement : que faire ? Comment trouver son chemin dans cette nuit de désolation ? Comment réagir au regard de tous ces mutilés, perdus et hallucinés par leur propre démence ?

le soir : au sortir de la guerre : comment oublier la douleur, panser les plaies et soigner les âmes blessées à vie ? Que faire de tous ces hommes (jeunes pour la plupart) détruits par la folie de leurs semblables ? Comment réparer les cassures physiques et mentales ? Quel sens donner à la musique, à la poésie, à l’art en général quand, concrètement, le quotidien ne parvient pas à faire s’envoler de l’esprit le plus terrible des cauchemars ? En d’autres termes : comment retrouver le goût de vivre après les ravages de la guerre ?

La mise en espace est sobre et claire. La scène est organisée en plusieurs lieux mêlant l’espace et le temps :

Côté jardin, un piano et un pupitre ; côté cour, un bureau d’écrivain avec tout le matériel ad hoc : lampe, pot avec crayons et bics, carnets divers, livres et revues, etc.

Au milieu de la scène, un petit intérieur d’époque (fin 19ème) : table, chaises, tabourets, ustensiles de cuisine, etc. En hauteur, un écran blanc. Il servira à la projection des images et des vidéos choisies pour évoquer et soutenir le propos.

Pour faire le lien entre passé et notre présent, assis à son bureau, devant son ordinateur portable, un narrateur rédige en direct le contenu du spectacle. C’est une mise en abîme, comme si le contenu du spectacle qui va se dérouler sous l’oeil du spectateur, sortait de son esprit, comme si les acteurs, les musiciens, les personnages prenaient vie à cet instant. Le narrateur fait ainsi avancer le récit.

Dans son intérieur, une femme est attablée. Figure de la mère de famille frappée du deuil de son mari et/ou de ses fils, elle est le lien direct avec l’époque évoquée.

Les musiciens solistes, personnages à part entière du récit, interviendront au moment voulu. À la fois musiciens et comédiens, ceux-ci incarnent l’une et l’autre silhouettes en présence (infirmière, institutrice, ouvrière d’usine, …)

 

 

Programme

R. SCHUMANN – Von Fremden Landern und Menschen
Cl. DEBUSSY – Berceuse héroïque
G. MAHLER – Das irdische leben
Ed. ELGAR – Salut d’amour
Fr. CHOPIN – Prélude do mineur
Léon BLOY, Après deux ans de massacre – Méditations d’un solitaire
K. JENKINS – Agnus Dei
R. M. RILKE, in Sonnets à Orphée, 1922.
E. M. REMARQUE – Silence
A. WEBERN – 4 pièces op. 7
C. PORTER – Wunderbar
H. WOOD – Roses de Picardie
F. NIETZSCHE, Ainsi parlait Zarathoustra, 1885.
J-S. BACH – Erbarme dich
E. GUILLEVIC, « Les charniers » in Exécutoire (1947)
Ch. CHAPLIN – Limelight

Scénarisation et mise en scène : Vincent Dujardin
Théâtre, musique et images : Vincent Dujardin,
Anne Bonjean, Nathalie Laurent, Geneviève Pirotte,
Cécile Delvingt, Emmanuelle Detry

Images

Survivre face à ou plongé dans l’insupportable. Transcrire ou transcender pour mettre un sens, s’approprier les visions, les émotions trop fortes. En rendre l’énergie, autrement. La démarche artistique a ce sens-là, même au creux de l’horreur. Témoigner aussi, dans l’espoir d’en effacer la possibilité future, dans l’espoir, peut-être aussi, de ne pas vraiment mourir, même si on n’en sort pas vivant, de toute façon jamais indemne.
Des images pour le chaos, pour la traversée du tunnel, pour parler de la mort en silence. Avec ou sans figures, avec moins de couleurs presque naturellement… On retrouve au coeur de cette guerre la destruction, dont on ne sait où elle mènera, la dérision, « remède » universel face à l’absurde, le travail et l’action, signes de vie malgré tout. Autant de thèmes abordés par les artistes à toutes les époques, par approches plastiques variées (peinture, photographies, installations et vidéo), plus ou moins spontanées, plus ou moins réalistes, qui accompagnent l’Histoire, et dont les images accompagnent ici l’histoire.
L’évocation des dégâts, le constat… Les images permettent de rappeler la réalité du passé et de tisser le lien avec les conflits suivants, malheureusement récurrents. De poser la question de la violence et de l’absurde. Peinture abstraite, ou de la nouvelle figuration, photographies d’époque et images de reporters, vidéos… autant de témoignages visuels qui soutiendront le message du spectacle.

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